La vie religieuse dominicaine engage celui ou celle qui la pratique à rechercher sans cesse un équilibre entre ‘présence devant Dieu’ et ‘présence parmi les hommes’.

Katarinahjemmet a été fondée en 1928. Quelques Pères Dominicains de la Province de Paris étaient arrivés en Norvège 7 ans plus tôt et avaient fondé leur couvent d’Oslo à Majorstuen, dans la rue ‘Neuberggaten’. Le Père Béchaux était en contact avec la Prieure Générale des Dominicaines de Notre-Dame-de-Grâce, Sœur Dominique-Marie. C’est ainsi que 4 Dominicainesarrivèrent à Oslo pour aider les Pères au service de l’Eglise Catholique en Norvège.

En France, les Dominicaines de Notre-Dame-de-Grâce se consacraient aux jeunes filles de classes sociales en grandes difficultés. A leur arrivée en Norvège, les Sœurs optèrent naturellement pour l’ouverture d’un foyer de jeunes filles, dans le but de créer un milieu catholique et de créer un lieu de rencontre avec l’Eglise Catholique. C’était reconnaître que les besoins de l’Eglise Catholique en Norvège étaient autres que ceux de l’Eglise de France. Les Sœurs s’adaptaient.

Les Constitutions des Dominicaines de Notre-Dame-de-Grâce précisent: «Nous voulons porter témoignage à l’Evangile en mettant notre vie tout entière au service de Dieu, de sorte que les cœurs des hommes puissent être gagnés à Dieu.»

L’étude, à quelque niveau que ce soit, nous permet d’approfondir notre propre foi et d’apprendre à mieux connaître le monde dans lequel nous vivons, ce monde dans lequel nous devons vivre et œuvrer à la construction du Royaume de Dieu.

Les multiples visages de l’évangélisation

Saint Dominique nous encourage à brûler du plus grand zèle et à œuvrer de toutes nos forces aux salut des hommes. Tout autant qu’un prêche, une action humaine peut prêcher l’Evangile. Le Christ fit les deux: «Jésus parcourait toutes les villes et les bourgs. Il enseignait dans leurs synagogues, prêchait la bonne nouvelle du royaume et guérissait toute maladie et toute infirmité.» (Evangile selon St Matthieu, IX, 35)

Saint Dominique vit clairement les besoins de son temps. Dans ce même esprit, nous nous efforçons d’être à l’écoute des besoins de l’Eglise et du monde, et d’y répondre.

L’apostolat des Sœurs s’épanouit dans de nombreux domaines, selon les capacités, les intérêts et la formation de chacune. Leurs activités se retrouvent dans des domaines aussi variés que l’aide aux personnes âgées ou l’accompagnement des jeunes, la recherche scientifique ou la peinture d’icônes, la catéchèse, les médias et l’information, la publication d’ouvrages liturgiques.

Les Sœurs s’efforcent de vivre selon la devise dominicaine «contemplata aliis tradere», c’est-à-dire de transmettre à autrui les fruits de la prière et de l’approfondissement personnels. Une vie communautaire, scandée par la liturgie, l’étude et la prédication.

Vivre en communauté

C’est la base de la vie dominicaine: «Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. Jour après jour, d’un seul cœur, ils fréquentaient le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur.» (Actes des Apôtres, II, 44-46)

Saint Dominique prit modèle sur la règle de Saint Augustin qui précise : «Quand vous vous rassemblez en communauté, n’ayez qu’une seule âme et qu’un seul esprit. […] Vivez dans la paix et l’unité, que chacun honore Dieu en l’autre car vous êtes devenus Son temple.» Nous voyons la vie communautaire comme une amitié basée sur la recherche commune de Dieu.

«Restez fidèles dans la prière!»

La prière est notre respiration la plus profonde, une façon de vivre qui cherche à tout voir avec les yeux de Dieu. La prière nous aide à reconnaître le Christ dans chaque homme que nous rencontrons; c’est une voie qui, dans tout ce qui arrive, mène au Salut. Le Saint-Esprit peut seul nous introduire dans ce mystère. Plus nous vivons dans le monde, plus nous avons besoin de calme et de prière.

La vie religieuse dominicaine est une vie à la recherche d’un équilibre entre ‘présence devant Dieu’ et ‘présence parmi les hommes’.

SAINTE CATHERINE DE SIENNE  (1347-1380)

Sainte Catherine de Sienne est l’une des grandes saintes de l’Ordre Dominicain, elle était familière de cette recherche d’équilibre, elle qui mena une vie aussi active que contemplative.

Sainte Catherine parle de sa ‘cellule intérieure’: «Tu n’as pas besoin d’une cellule personnelle pour te retirer, tu la trouves en toi-même. Rentre en toi-même. Quand nous atteignons le plus profond de notre être, alors nous atteignons Dieu».

Et pour y parvenir, nous devons nous y adonner totalement: «Si tu veux progresser sur cette voie, il te faut avoir soif… Celui qui n’éprouve aucune soif ne parviendra jamais à tenir jusqu’à la fin du voyage.»

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